Le soleil impitoyable rayonnait de mille éclats et le vent soufflait amplement sur les dunes éthiennes, laissant derrière lui un brouillard dense et poussiéreux .
Une jeune Kelari gisait là, derrière une immense roche, vraisemblablement morte de déshydratation. Elle portait sur le visage un voile assez fin qui laissait transparaître de profondes cicatrices encrées dans sa peau, quant au reste de ses vêtements , ils étaient souillés, rapiécés. Paradoxalement, une aura étrange émanée d’elle, une sorte de cocon protecteur… Deux voleurs l’ayant repérée au loin, prirent la peine de venir vérifier que le cadavre était lavé de tout bien. Et une fois arrivaient à une trentaine de mètres du corps, ils s’arrêtèrent.
- Pourquoi attendons-nous là, Brill ? Vous voyez bien qu’elle est morte, dit-il en tendant sa main graisseuse vers le corps inerte.
-C’est pas d’elle dont j’ai peur, crétin, les vers la bouffe déjà, rétorqua t-il vivement, scrutant les alentours. S’il n'y a aucun danger, t’y vas, tu la dépouille et on se casse. Et tu t‘magne ,Kritzu, pas qu’ça à faire.
-Fais-ci, fais ça… ! Toujours la même histoire !
-Ecoute-moi bien, décréta t-il en bombant le torse, TU fais ce que JE décide... Sinon, j’te fais goûter au métal bouillant de mon épée, pour voir si ton estomac apprécie…
Plus un mot et une seconde après, l’élève se détourna avec dégoût et fixa l’emplacement du corps, puis, blêmit instantanément. Il n’y avait plus personne, plus de cadavre, plus rien. Il plaça immédiatement sa main tremblante sur son arme rouillée et recula à tâtons vers son maître, occupé à faire le guet.
-Bri…Bri… Bi…Brill ?!, cria t-il en se retournant.
Kritzu put voir le moment précis où le fluide écarlate gicla des entrailles de son maître, accompagné d’une paire de dagues acérées. Et aussi vivement qu’arrivées, elles se retirèrent, laissant froidement tomber la lourde masse sans vie à terre. Bouché-bée, il croisa le regard brut et inexpressif du précédent « cadavre », puis s’écroula dans le sable.
-Pa…Par… Par pitié… Je vous en pris, laissez-moi la vie sauve… Par pitié.
-Je ne comptais pas te tuer, Gardien. Ce serait déjà fait. En revanche, dit-elle en retirant promptement son déguisement, découvrant ainsi une somptueuse tenue de cuir noir, tu vas donner ça au chef de ta capital.
- Co…Com.. Comment voulez-vous que je puisse lui p…
Elle balança un casque contenant encore le crâne de la victime près de Kritzu, qui étouffa un cri.
-Ciel, c’est notre général… Alors Vous…é… Un…Une élue !
-Dis lui que je n’apprécie guère les tueurs à gage, surtout les incompétents… Ah et j’allais oublier, annonça t-elle avant de prendre le bras de l’élève et d’y graver profondément la lettre A. Tu m’oublieras pas au moins.
Il poussa un hurlement strident avant de se recroqueviller tout en retenant son bras ensanglanté près de lui, observant la marque. Elle approcha ses lèvres de son oreille et susurra doucement : « Moi, c’est Aelostia. Enchantée... »


Répondre en citant
. La suite a été créee
